Le jour se levait sur la Terre. Ça allait être une journée maussade, comme le fut la nuit. Dans une plaine de l’Angleterre, des ruines sortaient de l’obscurité. Le château n’était plus que souvenir, et la chaleur émanait des corps jonchant le champ de bataille. Là, au milieu des restes humains, une femme se tenait à genoux, un corps frêle et sans vie dans ces bras. C’était une jeune femme aux longs cheveux bruns vêtue d’un long manteau noir, et portant à son flan gauche un katana gravé.  
 
Des larmes coulaient silencieusement sur ses joues. Un rayon de soleil timide se glissa entre deux nuages et illumina très faiblement la plaine. La jeune femme releva la tête subitement observa le ciel et poussa un cri poignant mêlant rage et désespoir. Elle serra le petit corps dans ces bras et ces larmes coulèrent pendant encore de longues minutes.  
 
Au bout de la plaine, un homme d’un certain âge, évitant les corps, s’avançait vers elle. Il marchait lentement et s’arrêta derrière elle.  
 
-         Tu n’y es pour rien Angelak. 
 
La jeune femme répondit du tac au tac, sans relever la tête. 
 
-         J’ai faillit, tout est ma faute. J’AI ECHOUEE… et elle en a payé le prix. 
 
-         Tu as fait de ton mieux, ne soit pas si dur avec toi.  
 
-         Pourquoi ? Pourquoi ne suis-je pas morte aussi ? Si j’avais vraiment fait mon travail, si j’avais fait de mon mieux comme vous dites, je serais morte pour les protéger. Je ne me serais pas réveillée au bord du lac dans cet état sans savoir ce qui s’est passé.  
 
-         Au bord du lac dis-tu ? 
 
Angelak posa le corps à moitié nu et mutilé de la petite fille. Ces cheveux blonds se mêlaient à la boue. Elle détacha sa cape et emmitoufla l’enfant. 
 
La pluie se remit à tomber et le tonnerre se fit entendre au loin. Elle se leva, prit l’enfant dans ces bras et se dirigea vers les restes de la chapelle. Elle s’approcha de l’autel, la seule chose intact qui restait. Elle y déposa le petit corps, lui ferma les yeux et lui caressa les cheveux. Puis elle s’agenouilla et murmura quelques mots en latin.  
 
L’homme l’avait suivit, il s’inclina également un moment puis il s’adressa à la jeune femme.  
 
      -    Angelak, explique moi ce qui s’est passé, ce dont tu te souviens.  
 
Elle se releva.  
 
-         Je me souviens de la bataille, de mon combat avec Dachnavar, puis plus rien jusqu’à il y a quelques heures, quand je me suis réveillée au bord du lac. 
 
-         Je ne comprends pas, tu étais sous forme humaine lors de ce combat. Vu la gravité de tes blessures, tu devrais être morte… 
 
Angelak se retourna. Il faisait sombre et l’homme avait beaucoup de peine à distinguer son visage.  
 
-         Il s’est désaltéré.  
 
Alors qu’elle prononçait ces mots, un éclair frappa le sol et l’homme put voir la marque que la jeune femme lui montrait dans son coup. Il détourna la tête.  
 
-         La nouvelle était bien fondée alors… 
 
-         Ils sont déjà au courant ? 
 
-         Un conseil extraordinaire est déjà formé pour étudier ton cas, présidé par la Triade.  
 
Angelak se mit en colère. 
 
-         Ah bien sur, pour ça ils sont doués, mais pour nous envoyer des renforts lorsqu’un point stratégiquement crucial est attaqué et que des vies humaines sont menacées, on peut toujours attendre !  
 
-         Tsadkiel et moi avons été éloigné de ce conseil pour qu’ils puissent te juger en toute impartialité.  
 
-         Forcément… 
 
-         Viens, il faut y aller, tu vas sûrement être appelé à témoigner. 
 
-         Pour ce que ça servira…

 

II)  
 
-         J’appelle Angelak, membre de la première hiérarchie, conseillère de l’archange Tsadkiel, élève du maître Raphkael et membre fondateur et actif de l’Elite Angelus.  
 
Les portes s’ouvrirent et la jeune femme pénétra dans la salle. Vêtue d’une blanche robe longue, ces longues ailes noires déployées, elle s’avança devant le conseil. Certains membres s’exclamèrent en voyant la couleur de ces ailes. Des chuchotements s’élevèrent dans la salle. 
 
-         Hum hum. 
 
Le calme se fit et l’un des membres de la Triade prit la parole. 
 
-         Ange Gardien, vous êtes ici suite à l’incident de cette nuit. Vos propos ont été étudié ainsi que votre…hum… disons nouvelle anatomie. Le rapport que j’ai ici devant les yeux nous dit les choses suivantes. 
 
Suite aux examens pratiqués sur vous, nous avons remarqué différentes altérations physiques : une marque dans votre coup semblable à une morsure, un regard beaucoup plus perçant qu’à l’ordinaire, vos ailes sont devenues aussi noires que l’ébène, et bien sur, ces deux canines, plus longues et aiguisées. Bref arrêtons de tourner autour du pot et prononçons le mot, suite à cette morsure vous avez développer des qualités caractéristiques des vampires, par conséquent vous comprenez que nous ne pouvons… 
 
-         Excusez moi.  
 
Le vieil homme du champ de bataille sortit d’un coin sombre de la salle.  
 
-         Si je peux me permettre les facultés mentales de cet personne ont été également contrôlé et rien ne nous permets de dire qu’elle est altérée. Elle n’est donc pas une menace pour nous et peut même avec ces nouvelles qualités nous être encore plus indispensable qu’elle ne l’est déjâ.  
 
-         Mon cher Raphkael, je sais que cet enfant depuis sa venue au monde est votre protégée. Il est vrai qu’elle est également la meilleure recrue que nous ayons eu et qu’elle a maintes fois montré sa loyauté au cercle angélique. Néanmoins vous savez qu’en ces temps particulièrement troublés nous ne pouvons prendre le moindre risque autour de nous. 
 
-         Nous pouvons peut être la mettre en service sur Terre. Nous avons d’ailleurs une urgence qu’il serait bon de traiter immédiatement. 
 
-         Oui je suppose que vous voulez parler de la situation de Syrianea.  
 
-         Tout a fait. 
 
-         Et que proposez vous cher maître Raphkael ? 
 
-         Et bien, comme vous le savez la dernière héritière du royaume a été tué lors de cet incident, il nous faut donc un nouveau souverain. Angelak était en mission depuis quelques temps déjâ dans cette région, les gens la connaissent et nous, nous savons qu’elle est compétente et dévouée.  
 
-         Je vois vous pensez que nous devrions lui donner le contrôle de Syrianea… Mais bien sur Raphkael, nous voulons nous protéger de la possible altération de cet ange, et vous voulez lui confier le point central de notre pouvoir ??? Vous êtes devenu fou… 
 
-         Je souhaiterais faire sortir les personnes extérieures au conseil, je requiers un entretien si vous le permettez. 
 
Raphkael s’inclina. 
 
-         Bien, qu’il en soit ainsi.  
 
Il ne resta que le conseil et Raphkael. 
 
  
 
Après de longues heures, le conseil trancha. Angelak ayant du sang de vampire dans les veines, elle n’était plus une créature angéliquement pure. Mais ces états de services dans l’Elite Angelus et toutes ces actions passées ont agit en sa faveur. Malgré son état, elle en restait leur meilleur élément. Elle se vit donc confier la régence du royaume de Syrianea.  
 
  
 
Raphkael accompagna Angelak sur terre. L’ange noir avait du mal a comprendre le geste de son maître. Pourquoi après les mésaventures qui c’était passé en ces lieux, voulait-il qu’elle revienne ici ? Raphkael répondit a cette question : 
 
-         Angelak, la famille a été décimée… 
 
-         Je ne le sais que trop bien, merci de donner un peu plus de vigueur à ma douleur déjà difficilement supportable, cher maître.  
 
-         Après la bataille, Dachnavar s’est installé sur ces terres. Je vais t’apprendre une nouvelle qui je le sais, te mettra dans une rage folle. Pendant que ton cas était étudié au conseil nous avons fait appel à l’Elite Angelus qui s’est occupé de lui reprendre les terres… 
 
-         Quoi ? L’Elite est descendu s’occuper de cette affaire sans même m’en parler !!! Comment avez-vous pu les envoyer attaquer cette créature à qui je dois tout ce qu’il m’arrive sans même me laisser combattre à leur côté !!! 
 
-         Tu n’étais pas encore complètement rétablie, nous ne pouvions pas envisager de te renvoyer. Et puis, pour être franc avec toi, nous ne savions pas à quel point Dachnavar t’avais contaminée… Comment savoir s’il n’avait pas fait basculer ton cœur du coté sombre et si tu étais toujours en accords avec nos principes ? Nous ne pouvions pas prendre le risque d’une défaite, tu le comprends… 
 
-         Oui je sais, murmura Angelak, le regard noir. Le visage du vampire lui apparut et un désir de vengeance emplit son cœur. 
 
-         Pour en revenir à la bataille. L’Angelus a vaincu l’armée de Dachnavar mais celui-ci a réussit à s’enfuir… 
 
-         Ils ne l’ont pas détruit ?  
 
-         Non. Mais veux-tu arrêter de m’interrompre s’il te plait.  
 
-         Pardonnez-moi maître. 
 
-         Appelle moi Raphkael, je ne suis plus ton maître a présent. 
 
-         Vous resterez à jamais mon maître… 
 
-         Angelak, les terres de Syrianea n’ont plus de seigneur. Il faut quelqu’un pour s’occuper de ces sujets et pour défendre ce royaume. Le conseil est arrivé a la conclusion que ton cœur malgré tout était resté bon et pur… Nous allons donc te confier la tache d’administrer et de protéger ce territoire. Tu sais le trésor qu’il renferme. Nous comptons sur toi pour le garder à l’abris de tous cœurs impurs. C’est ton ultime mission pour nous. 
 
Angelak baissa les yeux. Raphkael lui releva le menton et la regarda dans les yeux : 
 
-    Je sais que c’est dur pour toi. Mais les gens de la région te connaissent et t’apprécient. Il aimait leur seigneur et lui, il t’aimait. Ils seront heureux que se soit toi qui lui succède.  
 
Angelak soupira et plongea ses yeux sombres dans le regard bleu de son maître.  
 
-         Je les ai abandonné une fois… je ne leur ferais pas faux bond une seconde. Je protégerais ces gens et garderais… notre secret.  


 

0 commentaires à “HISTOIRE D’ANGELAK”


  1. Aucun commentaire

Laisser un commentaire



Le roseau de Pan |
poèterock |
chroniques essentielles/réc... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | salon international du livr...
| MonArt swing2
| Ma Tasse de Thé